Réalité helvétique du e-recrutement

E-recrutement

La réalité helvétique, conseils et astuces

Nous avons tous lu cette année sur la progression fulgurante du e-recrutement. Les des articles dans des quotidiens ou des magazines ne manquent pas pour présenter le succès de toutes les techniques intégrant le Web pour attirer et recruter des candidats. Mais voilà, les chiffres cités sont toujours ceux des USA ou de grands pays européens comme l’Allemagne, la France ou l’Angleterre. Qu’en est-il exactement Suisse ? Existent quelques chiffres concrets ? Ou au moins des tendances de l’évolution ?

En dehors d’études internes à de grandes sociétés, aucun ouvrage et autres études publiques ne révèlent des données actuelles. C’est pourquoi, le principal méta-portail de l’emploi en Suisse romande, Portailemploi.ch, a mandaté un groupe de 2 étudiantes et 7 étudiants de la Haute Ecole de Gestion de Lausanne à fin de l’année 2001.

Le but premier était de mettre en évidence quelques réalités chiffrées. Le travail a été effectué dans le cadre d’un projet d’Ecole, soit sur une quinzaine de jours, ce qui correspond en fait à une pré-étude, mais permet déjà de dégager de 1ères indications très intéressants.

Ainsi, quatre « coups de projecteurs » ont été réalisés :
– un dépouillement des suppléments emplois des grands quotidiens sous l’angle Web
– un sondage d’une centaine lausannois sur le chemin de leur travail, au cœur de Lausanne
– un sondage téléphonique auprès d’une vingtaine de responsables du personnel d’entreprises de diverses tailles
– une rapide enquête par email auprès de 100 sociétés passant des annonces d’offres d’emplois dans les journaux et y mentionnant leur email.

Les résultats principaux sont décrits en détails ci-dessous.

a)

Augmentation indiscutable de la présence Internet dans les suppléments emplois

L’analyse a été effectuée sur la base des 2 des 3 principaux suppléments romands, soit ceux de 24 Heures et de la Tribune de Genève, tous deux hebdomadaires et ceci durant la période de l’étude. Le 1er résultat :

53% des annonces publiées permettent d’accéder au e-recrutement. Cela qu’elles intégrent dans leur texte soit l’adresse d’un site Internet, soit au moins une adresse email ou les deux. Cela correspondait à 665 annonces sur les 1250 de la période étudiée, qui ensemble diffusaient plus de 1500 offres d’emplois. A noter que plus de 12% de ces annonces, soit 151 offres comportaient aussi bien une adresse d’un site Internet et une adresse email.

Une analyse fine montre que ce pourcentage varie grandement d’un domaine professionnel à l’autre. Ainsi, classé par branche, on obtient en tête de liste les
Finances avec 82% et l’Informatique avec 75%, puis en queue Artisanat, Génie Civil et Gastronomie avec des taux inférieurs à 5%.

Plus intéressant encore, c’est l’évolution de ces chiffres dans le temps. Ainsi, sur base des archives de 24 Heures, il a été possible d’établir la croissance suivante du pourcentage « web » des annonces :

1997 6%
1999 33%
2001 60%

Soit une augmentation de plus de 400 % de 97 à 99 et même près de 900 % de 97 à 2001.

Dans l’analyse détaillée, on remarque qu’en 1997 les annonces de la branche informatique étaient nettement les plus Web mais que cette situation a bien changé, et que des secteurs comme « Finances » et « Cadres » avaient un taux supérieur lors de la période de dépouillement.

b)
Les entreprises utilisent le Web de manière très différentes et avec des degrés de satisfaction très variables

Quelques chiffres de ces divers sondages effectués sur au total une cinquantaine de sociétés :
– pour des entreprises ayant passé une annonce avec publication d’un email, environ 50% des candidatures viennent en moyenne effectivement par ce biais ; ce qui veut dire que l’autre 50% sont des candidatures CV classiques. Ce taux varie très fortement d’une branche à l’autre : de 1% à 95 % !
– seulement 40% de ces mêmes entreprises placent également l’annonce concernée sur leur propre site.
– une proportion identique d’entreprises placent également l’annonce concernée dans des sites emplois autres telles que les bourses virtuelles.
– enfin, près de 50% des entreprises disent aussi publier quelques annonces exclusivement sur Internet, ceci avant tout pour des questions de coût par rapport à la presse écrite.

On le voit, l’intérêt pour le e-recrutement existe mais n’est pas encore systématique.
Ainsi, parmi les entreprises contactées par téléphone, un tiers des interlocuteurs disent utiliser le recrutement via internet. Les deux autres tiers ne sont pas encore convaincus de l’efficacité de ce système. Rares sont surtout les sociétés souhaitant recevoir toutes les offres de services par Internet. Dans notre sondage, seule une entreprise de télécommunication est résolument tournée vers le recrutement par le web.

Parmi les entreprises contactées par email, et donc utilisatrices du Web, la moitié se dit satisfaite des services que peuvent leur apporter Internet. Les avantages cités sont alors :

– la rapidité
– l’accès à un plus grand nombre d’offres
– le classement des offres facilité
– la réduction de la masse de papier
– la tenue à jour du fichier plus facile.

Mais parmi les adeptes des méthodes « traditionnelles », plusieurs reproches sont adressés :

– dossier moins riche en « 1ère sensation » sur les candidats
– difficulté d’insertion de commentaires manuscrits sur CV possible
– gestion délicate des annexes au dossier (ex : diplôme et lettre de motivation)
– transmission des dossiers entre collègues souvent plus ardue
– doutes sur la diminution des coûts globaux.

c)
L’e-recrutement a une image positive et permet effectivement de trouver du travail

Le sondage effectué a concerné 114 personnes supposées en activité professionnelle, 69 hommes et 45 femmes, dont la majorité avaient entre 20 et 35 ans, qui ont été abordés dans la rue au centre de Lausanne. Résultats :
– 70% savent qu’Internet offre des possibilités pour cherche du travail et 27 % des personnes interrogées ont déjà utilisé Internet pour trouver un emploi
– parmi ces derniers : 75% trouvent ce moyen efficace et pensent (ré)utiliser cette méthode dans le futur, 39% ont déjà obtenu au moins un entretien grâce à cette technique et même 22% des utilisateurs ont finalement trouvé un emploi.

Même si ces chiffres, comme ceux déjà mentionnés précédemmment, sont à utiliser avec prudence, au vu de la taille de l’échantillon et de la méthode utilisée. Ils révèlent des données plutôt très favorables au e-recrutement : auprès des candidats, efficacité et satisfaction semblent être l’image du Web dans le domaine de l’emploi. Et c’est même confirmé par un autre résultat presque amusant : 82% de ceux qui n’ont pas encore utilisé Internet pensent que c’est un moyen efficace !

Conclusions : préparez-vous à utiliser les services d’e-recrutement

Voilà qui permet de conclure qu’en tant que candidates ou candidats, il vaut vraiment la peine de découvrir et d’utiliser les services de l’e-recrutement offerts par Internet. Et ces derniers ne manquent pas. Rien que pour la Suisse romande, Portailemploi.ch répertorie plus de 300 sites avec des offres emplois en ligne et de 200 autres sites avec de la valeur informationnelle. Il est donc toutefois légitime de penser que le nombre total de sites liés à l’e-recrutement dépasse largement le millier pour toute la Suisse et, que vu l’importance pour les entreprises de disposer de pages emplois, ce nombre va continuer à croître rapidement.

Reste à savoir utiliser efficacement ces pages emplois. Cela signifie d’abord de savoir trouver les sites pertinents selon son orientation professionnelle, puis de les utiliser intelligemment. Les services offerts sont en effet nombreux, évoluent rapidement et peuvent être utilisés de manière plus ou moins habiles.

Et c’est pourquoi, nous vous avons aussi publiés un Guide « Astuces et Pièges à éviter » que vous pouvez commander sur notre site,www.portailemploi.ch .

Bon surf et bonne chance !