Pour s’y retrouver dans le e-recrutement

Par CELINE CELARDIN, Janvier 
Auteur de l’article publié le 31.1.2001 par PME Magazine

Pour s’y retrouver dans le e-recrutement

Pour s’y re t ro u ver dans le e re c ru t e m e n t La multitude d’informations accessibles en ligne rend ardue la tâche du chercheur d’emploi peu averti. Un portail sert heureusement de guide. 

Le nombre de sites Internet proposant des offres d’emploi explose. Alors que cette pratique de recrutement était surtout utilisée dans des secteurs tels que l’informatique et la communication, elle touche aujourd’hui quasiment toutes les branches. Elle démontre à quel point Internet est un outil séduisant pour les chercheurs et les demandeurs d’emploi. Mais, même indispensable, ce canal ne constitue qu’un moyen supplémentaire pour le recrutement et ne présage en rien la fin des agences c l a s s i q u e s . Première raison de ce succès: les offres d’emploi virtuelles coûtent nettement moins cher que les circuits traditi onnels. Par exemple, j o b u p . c h propose différentes formules d’abonnement aux entreprises. La publication d’une annonce pendant deux mois sur le site coûte 200 francs alors qu’il varie entre 800 et 1500 francs dans une agence traditionnelle. Le client peut aussi opter pour un abonnement à 3000 francs permettant de diffuser un nombre illimité d’annonces pendant six mois. J o b S c o u t 2 4 . c h propose la même formule, avec des prix variant entre 480 et 4980 francs suivant la taille de l’entreprise. K e y s e a r c h . c h p e r ç o i t une commission en fonction de la réussite du postulant, alors que t o p c o n t r a c t s . c o m f a i t payer le nombre de contacts pris par l’entreprise avec les candidats. Les services de s k i l l w o r l d . c o m s o n t entièrement gratuits. Les personnes cherchant un emploi ne payent que très rarement pour diffuser leur profil sur le Net. C’est par exemple le cas de j o b p i l o t . c h, un des trois plus importants prestataires de ce type en Suisse, dont tous les services sont gratuits pour les chercheurs d’emploi. En revanche, t a l e n t s . c h orienté vers les cadres supérieurs, facture 100 francs pour l’insértion de son CV en ligne. 

A l’avantage du coût, il fautajouter la rapidité dans l’échanged’informations. Internet offre lapossibilité d’entrer en contactavec un candidat ou une entreprisede façon quasi immédiate,de consulter des CV en ligne, cequi est un gain de temps considérablepar rapport aux agencesde placement traditionnelles.Comme Internet se passe defrontières, certains sites tels quei d e a l j o b . c h ou skillworld.com p r oposentaussi des emplois àl’étranger, ce qui élargit les possibilitésdes chercheurs et desdemandeurs d’emploi.Toutefois, la multitude d’informationsaccessibles en lignerend assez difficile la tâche del’internaute peu averti. 

Pouravoir une vision globale et facilitersa recherche, le néophytepeut passer par p o r t a i l e m p l o i . c h .Ce portail qui sert de guide esttrès complet: i l offre 10 0 0 0emplois en Suisse romande etailleurs, via 207 sites spécialisésdont chaque lien est livré avecun bref commentaire. Ce portailfournit également 102 liensvers des informations sur desentreprises, sur la créationd’un CV et sa diffusion enligne. Enfin, il propose unerubrique news de l’emploiainsi qu’un forum de discussion,actuellement en test.

Outre ce portail, il existe troiscatégories principales de sitesprésents sur le marché virtuelde l’emploi. Autant le savoir,afin de se diriger directementvers ce que l’on recherche.La première regroupe les sitesgénéraux, qui touchent demultiples secteurs d’activités.Elle propose des outils derecherche plus ou moinsrapides et efficaces en fonctiondes moyens et de la qualitédes informations fournis àl’internaute. Bon nombre desites fonctionnent sur la basede catégories d’activités prédéterminéesque le candidatchoisit d’un simple clic. 

Dessites plus perfectionnés telsque n e t j o b . c h et em p l o i . c h p r oposentune recherche parmots-clés sur plusieurs sitessimultanément. Globalement,les bourses d’emplois sontfaciles d’utilisation. Pour ce quiest des services offerts, il existebeaucoup de variantes, dontvoici quelques exemples: m a npo w e r . c h propose un formulaireà remplir permettant au candidatde se créer un profil qui sera diffusésur le site.J o b u p . c h va plus loin et proposeau candidat de diffuser sonCV en ligne en toute confidentialitéet sans que son employeuractuel ne puisse y accéder. Deplus, le candidat a la possibilitéde s’inscrire à un jobmailing quilui permet de recevoir chaquejour par e-mail des offres susceptiblesde correspondre à sonprofil. Le site suédois 2 h . c o mpropose des tests d’évaluationde QI et de compétences. Enfin,s w i s s f i r m s . c h regroupe des informationssur des entreprisess u i s s e s .Dans cette catégorie, onremarquera aussi la présence desagences traditionnelles (tellesque Manpower ou Adecco, quisuivent le mouvement) et lessites mis en place par des associationsdans une optique sociale(comme a p t i t u d e e m p l o i . c h, sitegenevois issu d’une collaborationentre les secteurs public etprivé et qui se veut entièrementg r a t u i t ) .La deuxième catégorieconcerne les plates-formes spécialiséesqui proposent des servicessimilaires, mais dans descréneaux d’activités définis. Lespersonnes et entreprises intéresséesse retrouvent directementdans leur secteur d’activité. Cettecatégorie de sites qui permettentd’effectuer des recherches trèsciblées, basées sur les besoinsspécifiques du demandeur et durecruteur, est toujours plus prisée.Leur nombre ne cesse des’accroître et touche des secteursde plus en plus divers. T o p c o ntr a c t s . c o m est spécialisé dans ledomaine des technologies del’information et des télécommunications;k e y s e a r c h . c hdans labanque et la finance; a m b i o s . c hdans les métiers de l’environnement;s w i s s r h m . c h dans les ressourceshumaines; et s w i s s sc i e n c e . o r g dans le domaines c i e n t i f i q u e .Enfin, la troisième catégorieregroupe les entreprises, administrationset universités qui proposentune rubrique emploi ouun forum de discussion sur leurssites, ce qui permet au candidatd’envoyer son CV et de traiterdirectement avec l’entreprisesans passer par un quelconquei n t e r m é d i a i r e .

ENCADRE 

Suite au succès de talents.ch, sitespécialisé dans le recrutement descadres supérieurs lancé en 1997 parle cabinet Denzler & Partners, EricDenzler et ses collaborateurs lancentun site indépendant du nomde e – t a l e n t s . c o m. Ce site de e-recrutementse dissocie du cabinetDenzler & Partners car il a pourobjectif de répondre à une demande plus large etde valoriser l’apprentissage et les connaissancesdes “talents” et des “spécialistes” dans de multiplessecteurs d’activité. Il se veut proactif, enpermettant aux entreprises de consulter des dossiersde candidats en fonction de leurs besoins etde leur développement.Actuellement en construction, le site e-talents.comdonnera la possibilité à l’utilisateur de se créer unprofil très précis basé sur de nombreux critères. Ilpourra visionner et mettre à jour les données leconcernant à tout moment. Pour garantir unerecherche efficace, le site proposera un moteurde recherche donnant à l’utilisateur des réponsesprécises classées par ordre qualitatif.e-talents mise sur l’interactivité et se différenciedes autres sites de recrutement en proposantaux entreprises une formule B2B qui leur permetd’utiliser les services de e-talents en intégrant lesoutils de recrutement (logiciels, licences) en leursein pour une durée variant en fonction desbesoins. Cette nouvelle approche laisse penserque le recrutement de personnel spécialisé surInternet va prendre le pas sur le circuit de placementtraditionnel. Mais, selon Eric Denzler, lesagences spécialisées ne sont pas menacées parles nouvelles technologies, contrairement auxbureaux classiques ne fournissant pas de servicess p é c i f i q u e s .