Pistes utiles pour trouver un emploi sur Internet

RECHERCHE D’EMPLOI. 
Un nouveau site est né, qui devrait simplifier les recherches des demandeurs d’emploi romands qui ont décidés de se mettre à l’internet. Outil incontournable, surtout pour les emplois à forte valeur ajoutée.

QUELQUES PISTES UTILES POUR TROUVER UN EMPLOI PAR INTERNET

Le nombre d’offres d’emploi – et de services – passant par l’internet explose, tout comme le nombre des sites sur lesquels on les trouve. Il est quasiment impossible de trouver des statistiques pour la Suisse; mais en ce qui concerne les Etats-Unis, Computer Economics annonce que des quelques millions de résumés personnels disponibles sur 300 sites spécialisés aujourd’hui, nous passerons à 11 millions de résumés dans deux ans, puis à 16 millions de résumés sur 1’200 sites en 2002. Pour l’Europe et par comparaison, les 300 sites liés à l’emploi en Angleterre contiennent 4,5 millions de CV.
Parallèlement et toujours en Europe, le pourcentage des dépenses consacrées à la publicité pour le recrutement en ligne en Angleterre devrait passer de 3 à 20% d’ici 2003. Sur 100 sociétés françaises, 70% disposent de leur propre site web avec une rubrique emploi, 85% ont déjà passé des annonces sur un site externe.

Ces quelques chiffres souligne à quel point l’internet s’est rapidement révélé comme un outil particulièrement prisé pour mettre en rapport chercheurs et offreurs d’emplois. En effet, contrairement à la méthode traditionnelle qui consiste la plupart du temps en une approche à tâtons, l’internet permet aux exigences de chacune des deux parties de se retrouver sur des plates-formes communes, généralement des sites web. Il est vrai que ces plates-formes se multiplient, de même que les sites de conseils, et que le chercheur d’emploi, pas forcément très familiarisé avec ce nouveau média et encore moins avec les méandres des procédures de recrutement, peut se trouver facilement décontenancé face à ce qui lui apparaît comme une jungle à traverser sans guide et sans points de repères.

Un guide dans la jungle

Sans points de repères? Voire…Les Suisses romands, au moins, peuvent depuis peu se raccrocher au site www.portailemploi.ch, qui est comme son nom l’indique un point de départ, un guide pour une recherche d’emploi structurée à partir du territoire romand. On y trouve des séries de sites, classés par type et étiquetés pour qu’ils soient plus facilement identifiés. Le site portail de l’emploi en Romandie repose sur la constatation que si le créneau de la formation des apprentis est relativement bien structuré sur le net, il n’en va pas de même pour la formation des adultes, notamment celle des employés désireux de changer d’emploi. 
Portailemploi est atypique: on n’y trouve pas de bannières publicitaires et les insertions d’offres y sont gratuites. Comment cela est-il possible, alors que la recherche d’emploi fait les choux gras de nombreuses sociétés? C’est qu’il s’agit au départ d’un projet pédagogique, réalisé dans le contexte d’une formation pour cadres. « Au départ, nous n’avions pas prévu de financement ni de marketing », explique le responsable de cette formation, Marc Hitz, consultant en management, organisation et informatique en entreprise. « Pour l’instant, portailemploi fonctionne grâce au bénévolat, en tout cas jusqu’à Noël; après, nous verrons.. ». Un appel du pied?

A partir de portailemploi, plusieurs directions sont possibles. Le candidat peut aller consulter les offres présentes sur des bourses d’emplois, comme jobs.ch, où un moteur de recherche met à disposition quelques 20’000 offres, ou sur des bourses simples, qui ratisse moins large, mais où la recherche est plus précise, comme Topjobs, ou encore directement chez une sélection d’entreprises, notamment informatiques, telles que Marvel, theScreener.com ou le World Economic Forum, toutes implantées en Romandie. L’habitué des mission temporaires peut vérifier les offres des des agences de placement et le cadre examiner les prestations de sociétés de consulting ou d’outplacement.

Par delà des frontières

Le candidat-internaute ambitieux peut également guigner du côté des carrières internationales. Là, nous entrons dans l’autre dimension de la recherche d’emploi par internet, la dimension géographique. « Notre campagne de presse pour trouver un spécialiste dans un domaine bien particulier ne nous avait pas permis d’identifier la perle rare » raconte Alessandro Lanci, responsable des ressources humaines pour Pricewaterhouse Coopers Romandie. « Or, nous avions également pris la peine d’afficher notre annonce sur notre site et c’est par ce biais que nous avons finalement trouvé le candidat idéal. Cette personne habitait hors de la zone de couverture de notre campagne de presse, mais consultait régulièrement l’internet; sans cela, notre recherche nous aurait coûté encore plus cher, sans compter le temps perdu » commente le responsable RH. Et ce qui est valable en Suisse l’est également à l’extérieur, ainsi qu’en témoigne Jean-François Paoly, directeur d’Infoplacement du Léman: « Nous ne pouvons que constater l’avantage que constitue l’ouverture internationale de ce média, par exemple lorsque nous sommes contactés par des candidats établis à l’étranger et désireux revenir en Suisse. Sans l’internet, il faudrait qu’ils consultent régulièrement la presse suisse, ce qui n’est pas toujours possible ». Lorsque l’on sait que toutes les organisations internationales et les grandes compagnies affichent leurs « vacances » sur leur site, il devient évident que le candidat à l’outremer doit surfer.

Tout employé cache un chômeur

Pourquoi les recruteurs s’intéressent-ils tant à l’internet? Tout simplement parce que ça coûte moins cher et que c’est plus efficace, en tout cas pour ce qui est des cadres de haut niveau. « Notre budget de publicité est passé de 9’000 à 2’500 francs en dix ans » se rappelle Jean-François Paoly. Du côté de Pricewaterhouse Coopers, les arguments sont plus fonctionnels qu’économiques: « Nonante pour cent des offres que nous examinons arrivent via le net » commente Alessandro Lanci. « Elles sont traitées nettement plus rapidement que si elles nous parvenaient sur support papier. L’internet est un média incontournable dans un grand groupe international comme le nôtre, où une candidature est susceptible d’être exploitée par chacune de nos succursales ». 

Tout employé est un chercheur d’emploi potentiel. De manière plus fine, sur les 3.8 millions de personnes actives en Suisse, 0.8 millions quitteront leur employeur dans l’année, peut on lire dans Success & Career 1999/2000. C’est cette certitude qui, additionnée aux besoins des employeurs, encourage la création de sites de recrutement. Concrètement, ce sont les abonnements et les commissions de leurs clients – les employeurs potentiels – qui fournissent le fonds de roulement. Infoplacement Léman touche une commission de 13 à 17%; Jobpilot affiche des tarifs compris entre 300 et 500 francs par annonce pour le premier mois.
« En fait, nous assistons dans ce domaine à une dynamique de rachat vertical » explique André Lang, patron technique du site-société SkillWorld.  » Que ce soit sur au niveau national ou international, un certain nombre de gros sites de recrutement rachètent progressivement les plus petits, qui occupent eux-mêmes des marchés niches. TopJobs en est un exemple typique ». D’autres sites recouvrent en réalité des agences de placement, comme Ideal Job Internet, dont les trois quarts des annonces proviennent d’Adecco: leur base financière est donc solide.

Du point de vue du candidat, il est incontestable que l’internet est un outil irremplaçable pour la recherche d’un emploi. Depuis chez lui, il peut se tenir au courant des tendances du marché, prospecter rapidement auprès des agences ou des employeurs potentiels, se renseigner sur les activités des sociétés qu’il désire démarcher, ceci de manière locale ou mondiale. Un bémol: outre le manque de sérieux de certaines agences de recrutement en ligne que nous avons mentionné, la majorité des postes offerts en ligne ont encore trait à l’informatique – 35 à 40% dans le cas de TopJobs Suisse. Mais il serait dommage de faire l’impasse sur cet outil. “L’internet fait partie de notre quotidien, tout comme le PC ou le téléphone” affirme Christopher Nokes, directeur de Topjobs. “Son utilisation rend plus probable le succès du candidat, quels que soient les inconvénients du système”.

François Joutet

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A LA RECHERCHE DE LA QUALITE

Outre la simple consultation classique des offres d’emploi affichées sur un site web, le chercheur d’emploi a l’option de mettre son curriculum vitae en ligne, donc visible mondialement. Pour qu’ils puissent être facilement exploités par un recruteur potentiel, les CV en ligne doivent être fiables et disponibles sous une forme qui permette un traitement électronique rapide, consistant en général en un ou plusieurs filtres correspondant à des critères comme la catégorie professionnelle, la région géographique ou le type d’activité souhaités. Le site d’Ideal Job évalue la correspondance entre le poste à pourvoir et l’expérience du candidat, sur la base des données introduites par ce dernier et à l’aide d’outils informatiques. Ce type d’outil sophistiqué et cher est probablement encore assez rare.

Un site ouvert aux candidats doit offrir une assurance aux recruteurs que les CV qu’il contient correspondent à une réalité. Le problème, c’est qu’aucune vérification ne peut être effectuée, à l’exception de tests simples comme la comparaison de la date de naissance avec celles des études ou des activités exercées. 
Pour le directeur technique d’Ideal Job, Laurent Lapierre, cette question de fiabilité se résout d’elle-même, puisque seuls les candidats vraiment motivés prendront la peine de mettre à jour régulièrement leur CV. Malgré cette sélection naturelle et afin de réduire les pertes de temps liées aux candidatures indésirables, la société étatsunienne Avert offre aux sociétés de recrutement des outils sophistiqués permettant de passer le candidat au crible: casier judiciaire, office des poursuites, numéro de sécurité sociale, infractions au code de la route, références, formation, tout est contrôlé. Ailleurs, d’autres services sont proposés, comme des tests d’aptitude en ligne. C’est dire l’enjeu que représente le marché d’un recrutement de qualité.

C’est pour offrir une garantie de qualité aux candidats-internautes qu’une associations des plus gros recruteurs suisses par internet, la SAFIR (Swiss Association For Internet Recruiters), a décidé de créer un label. Inutile de chercher son site, elle est encore trop jeune. Le président de l’association est le patron de la société de consulting en ressources humaines Ahris. André Lang prévoit l’introduction de cette norme au début de 2001. « Parmi les critères qui devront être respectés, nous prévoyons au premier plan le respect des normes légales en matière de protection des données, ainsi que l’existence de statistiques fiables sur l’utilisation du site et la qualité des candidats présentés » explique-t-il. Cette norme est l’expression d’une volonté commune de la plupart des gros sites de recrutement: « Ils ont assez de se voir discrédités par des pratiques peu louables, consistant en particulier à exploiter commercialement les CV mis en ligne par des candidats, sans leur accord bien sûr, afin de gonfler artificiellement leurs bases de données » ajoute André Lang.

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CHECK-LIST DES OUTILS INTERNET DU CANDIDAT – SURFEUR

L’internet regorge d’outils et d’informations qui permettent au chercheur d’emploi averti d’élargir notablement son champ d’action. Voici les principales pistes:

¨ Consulter les annonces sur des sites de bourses et/ou sur les sites des entreprises
¨ S’informer sur les employeurs potentiels en consultant leurs sites
¨ Entrer en contact avec des recruteurs ou échanger des informations via des groupes de discussion
¨ Mettre en ligne son CV, sous forme libre ou comme formulaire
¨ Transmettre des offres spontanées par e-mail
¨ Utiliser les conseils de sites spécialisés pour s’orienter ou présenter son dossier
S’inscrire à des listes de diffusion de sites de recrutement